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énergies renouvelables

Parc éolien français

Selon un communiqué publié cette semaine par le Syndicat des énergies renouvelables (SER), le parc éolien français a franchi le cap symbolique des 10.000 mégawatts raccordés et affiche depuis 2014 une dynamique de croissance prometteuse pour les années à venir. Une croissance qu’il convient toutefois d’encourager via “la levée des derniers freins techniques et réglementaires“, précise le syndicat.


 

Une progression retardée

En franchissant le cap symbolique des 10.000 MW éoliens raccordés au réseau électrique, la France confirme son engagement en faveur d’une énergie en pleine croissance, compétitive, au service de l’investissement et de l’emploi et en mesure de lutter contre le dérèglement climatique“, expliquent dans un communiqué les dirigeants du SER. Une évolution positive donc mais qui reste toutefois légèrement en deçà des objectifs nationaux.

En effet, s’il reste encore plusieurs années à la France pour atteindre la puissance éolienne de 19.000 MW sur le territoire à l’horizon 2020, le premier objectif intermédiaire fixé en 2009 prévoyait l’installation de 10.500 MW au 31 janvier 2012. Le calendrier initial a donc connu un décalage de trois ans dû en partie à plusieurs freins techniques et administratifs.

Pour rappel, les 10.000 MW (ou 10 GW) éoliens dont il est question ici désignent la puissance du parc éolien français raccordé au réseau électrique. Mais avec un taux de charge éolien de 23% en moyenne, contre 75% pour le nucléaire, 1 GW d’aérogénérateurs ne peuvent pas produire autant d’électricité qu’un réacteur de puissance équivalente. L’éolien, qui comme le solaire produit seulement de l’énergie par intermittence, a fourni 3,1% de l’électricité française l’an passé, d’après les données fournies par RTE.

Le SER veut la levée des derniers freins

Le rythme de croissance de l’éolien a véritablement repris en 2014 (avec 1.173 MW raccordés cette année-là, soit un niveau proche du record de 2010), grâce à une simplification des démarches administratives et à une sécurisation du tarif d’achat éolien. Des efforts qu’il est important de poursuivre, selon le SER, pour assurer un taux de croissance positif à la filière éolienne française dans les années à venir.

Si la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte est effectivement venue renforcer l’effort de simplification du cadre juridique, le SER estime que le rythme de croissance annuel est toujours insuffisant et bien loin des 4.000 MW raccordés chaque année en Allemagne.

Il reste quelques derniers freins à lever“, conclut le syndicat français qui propose notamment de “dispenser les parcs éoliens des formalités liées à l’urbanisme“, de définir “des procédures d’autorisation simplifiées pour le renouvellement des parcs existants par des éoliennes plus performantes” ou encore de mettre en place “un dispositif de rémunération du kWh sécurisé et adapté à la filière“.

Répartition régionale: la Champagne-Ardenne toujours en tête

Concernant la répartition territoriale, quatre régions disposent actuellement de la moitié de la puissance éolienne nationale dont la Champagne-Ardenne avec 1.682 MW éoliens raccordés à fin juin 2015, la Picardie avec 1.472 MW, le Centre-Val de Loire avec 885 MW et la Bretagne avec 836 MW.

Première région française avec 87 parcs et 786 mâts, la Champagne-Ardenne fait ici figure de référence et a récemment conforté sa position dominante de producteur d’énergie éolienne via l’inauguration du troisième plus grand parc éolien de France. Installé sur la commune de Châtres, dans l’Aube, ce parc baptisé “Seine Rive Gauche Nord” (SNR) dispose de 70 turbines pour une puissance cumulée de 75 MW et une production annuelle estimée à plus de 183.000 MWh.

Par le nombre d’éoliennes et leur puissance, ce parc construit et développé par les sociétés Nordex France et H2air est le plus grand du département de l’Aube et le troisième de France après celui de Fruges en Picardie (140 MW et 70 éoliennes) et le parc “Les Hauts Pays” en Haute-Marne (80 MW et 39 éoliennes). Il permettra selon les constructeurs d’éviter l’émission de plus de 70.000 tonnes de CO2 par an.

De son côté, le Conseil régional entend poursuivre dans cette voie afin d’atteindre un objectif de puissance installée de 2.870 MW à l’horizon 2020 en Champagne-Ardenne.