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Menace écologique sur le café

Notre approvisionnement est soumis à de fortes contraintes écologiques. L’avenir du café passe par la protection des forêts éthiopiennes, explique une chercheuse.  

Le café est consommé chaque jour par des millions de personnes. Seconde marchandise la plus échangée au monde, il nous vient d’Éthiopie, mais dans ce pays d’Afrique certains territoires essentiels à sa culture son menacés.

En effet, ces espaces forestiers qui constituent un authentique réservoir génétique sont sous pression : au cours de ces 40 dernières années, la déforestation a entraîné la perte d’un tiers de la couverture forestière du sud-ouest. Si rien n’est fait, cette perte pourrait devenir totale dans les prochaines décennies.

La protection de ces forêts est donc essentielle, car le café destiné à la consommation a été sélectionné au fil des ans pour assurer des rendements élevés et d’autres caractéristiques utiles à sa commercialisation. Mais il repose aujourd’hui sur un nombre restreint de plantes : il s’agit donc d’une gamme génétique relativement étroite – représentant seulement 10 % de la diversité présente à l’état sauvage. Cette situation rend le café cultivé plus vulnérable aux parasites – menace à laquelle s’ajoute celle du changement climatique.

Dans une tentative pour assurer une meilleure protection des ressources forestières du pays, le gouvernement éthiopien a adopté un plan national de gestion forestière participative (PFM), qui confère des responsabilités de gestion aux communautés vivant près des forêts auxquelles elles ont traditionnellement accès.

Avoir recours aux communautés locales pour assurer l’avenir du café sauvage et des forêts permet de protéger ces écosystèmes forestiers tout en garantissant des compléments de revenus aux populations. Un tel système est durable – contrairement à beaucoup d’autres approches protectionnistes telles que les réserves de biosphère qui reposent sur la fluctuation des fonds publics et excluent les gens. Or nous avons besoin d’eux : il faut leur donner la responsabilité de la forêt pour qu’ils la sauvent en préservant sa diversité génétique. Car c’est ainsi que nous pourrons continuer à déguster lattes et cappuccinos…

Fiona Hesselden, Researcher, Centre for Sustainable and Resilient Communities,University of Huddersfield

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.

Source : www.sudouest.fr

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