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Le pétrole pas cher, une chance pour le climat ?

Avec le plongeon des cours, le monde du brut doit renoncer à ses projets les plus coûteux… qui sont aussi les plus polluants. Revers de la médaille : puisque la ressource ne coûte rien, personne n’a envie de s’en priver.

Ce n’est plus une baisse, c’est une dégringolade, une débâcle, un effondrement… Les analystes ne savent plus comment qualifier la chute du prix du pétrole, qui a perdu près de 60% en six mois. Pourquoi ce plongeon ? Essentiellement parce que la production ne cesse d’augmenter alors que, depuis la crise de 2008, la consommation ralentit. Ce qui est nouveau, c’est qu’elle ralentit non seulement dans les marchés matures, comme l’Europe, mais aussi dans les marchés émergents, notamment en Asie.

Un sursis pour l’Arctique ?

Pendant ce temps, les compagnies pétrolières perdent gros. « Pour limiter les dégâts, toutes élaguent leur production de pétroles non conventionnels », explique Guy Maisonnier, ingénieur économiste à l’Institut français du pétrole Energies nouvelles. Coup de chance, ce sont aussi les plus polluants ! Ainsi, le canadien Suncor, spécialiste des sables bitumineux, très chers à extraire, vient de geler l’expansion de deux de ses projets. La compagnie norvégienne Statoil vient, elle, de renoncer à trois licences d’exploration au Groenland, ayant conclu, après y avoir mené des recherches sismiques et des études sous-marines, qu’il n’était pas rentable de pousser plus avant. Le français GDF Suez et le danois Dong Energy auraient également rendu leurs licences pour les mêmes raisons.

Les énergies renouvelables continuent à vivre leur vie

Alors, le pétrole pas cher, une chance pour le climat ? Pas si sûr. Car lorsque l’énergie ne coûte pas grand-chose, on n’hésite pas à en consommer plus ! Ainsi, les ventes de voitures aux Etats-Unis ont grimpé de façon spectaculaire en décembre : General Motors et Chrysler annoncent une augmentation d’environ 20% par rapport au même mois en 2013. Les pick-up et les SUV, ces 4×4 de ville gros consommateurs de carburant, représentent plus d’un tiers des nouvelles ventes et le cabinet d’étude Bloomberg New Energy Finance prévoit une baisse des ventes de véhicules électriques.

La baisse du prix du pétrole menace-t-elle carrément la transition énergétique ? « Je ne crois pas,rassure Carole Mathieu, chercheuse à l’Institut français des relations internationales (Ifri). Avec le boom des pétroles non conventionnels, on a renoncé à l’idée que la rareté serait le moteur de la transition. » De fait, les décisions d’investissement dans les énergies renouvelables ont dans le même temps augmenté de manière spectaculaire : +16% dans le monde en 2014.« Les investisseurs s’engagent dans ces filières parce qu’il y a un vrai business », remarque Frédéric Tuillé, membre de lObservatoire des énergies renouvelables. La baisse imprévue du prix du pétrole pourrait même prouver l’intérêt du développement des renouvelables : « On profiterait d’un marché bien encadré et plus prévisible, où le coût du combustible n’est pas soumis à des variations, explique Carole Mathieu. Cela pourrait même être l’occasion d’introduire une fiscalité environnementale, moins douloureuse pour le consommateur au moment où le prix de la ressource est bas. » Chiche ?

Source : www.terraeco.net

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