Participez à la rédaction du Blog

Vous souhaitez nous parler d'un sujet ? Présentez-le nous ici
googleplus_banniere

La COP21, un mauvais calcul ?

Alors que les principaux dirigeants mondiaux se sont retrouvés en début de semaine à New York, au siège des Nations Unies, dans le but de remédier au conflit syrien et à la progression de l’Etat Islamique, François Hollande a lancé un appel pressant aux grands de ce monde : « Rien n’est gagné pour la COP, tout reste possible ».

La 21ème Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques, aussi appelée COP21, prendra place à Paris sous l’égide d’un Président à la recherche d’un second souffle pour relancer son quinquennat. « Ce qui est en jeu, a-t-il déclaré, ce n’est pas le mode de vie, ce qui est en jeu c’est la vie… ».  Voilà qui annonce tout de suite l’ampleur de l’évènement et l’attente qu’on lui attribue déjà.

Pour autant, placer tous ses espoirs dans cette « conférence des géants » risque d’en décevoir plus d’un. Ne serait-ce qu’au regard des conférences passées, auxquelles Kyoto en 1997, Copenhague en 2009 ou encore Cancun et Durban constituent la partie visible de l’iceberg et la part médiatisée en la matière. En réalité, les plus impliqués en matière de protection de l’environnement voient dans cette conférence un simple forum mondial de discussion, et surtout une opération de communication ruineuse et inutile dont le coût est inversement proportionnel aux aboutissements qui vous l’aurez compris, ne risquent pas de faire avancer le schmilblick.

La question du climat est toutefois cruciale et il importe donc d’apporter quelques précisons qui sont malheureusement trop absentes de nos consciences, à quelques 70 jours de l’ouverture de la conférence parisienne.

L’objectif est de limiter d’ici à 2050 le réchauffement climatique en dessous de 2 degrés par rapport à l’ère préindustrielle, et de parvenir à trouver 100 milliards de dollars/an pour passer à une économie sans carbone, et ainsi aider les pays pauvres à gérer les conséquences désastreuses dont ils sont victimes.

Alors à défaut d’être un optimiste désespéré, il me semble plus ingénieux de convenir de la nature du problème, car problème il y a. Mais quel est-il ? A la « Hard Security » héritée de la guerre froide succède la « Natural Security » : le changement climatique est devenu multiplicateur de menaces. Et l’espèce humaine, qui réside sur cette Terre qu’elle considère comme sa maison, ne se rend pas compte qu’elle la détruit à petit feu, et qu’il n’existe pas à ce jour d’autre maison prête à nous accueillir pour la simple et bonne raison qu’il n’en existe pas d’autre. « Il n’y a pas de plan B, car il n’y a pas de planète B », tels sont les mots du secrétaire général de l’ONU, Ban Ki Moon.

Prenons le contrepied de la pensée commune, qui est aussi celle des plus fervents défenseurs de l’environnement et de notre écosystème. Il faut arrêter d’attiser les peurs en développant des visions d’apocalypse pour le prochain siècle. Mieux vaudrait se mobiliser autour des difficultés qui sont les nôtres à ce jour.

L’évolution vers une croissance plus qualitative et respectueuse de l’environnement ne naîtra pas de la multiplication des taxes et des normes, mais de l’innovation.

L’accent doit être mis sur une meilleure utilisation de l’eau, l’amélioration des rendements agricoles, les logements et les transports verts, les villes compactes, etc. Il faut également se tourner vers des problèmes encore trop méconnus du grand public comme les dangers de l’élevage intensif, responsable à lui seul de 51% des émissions de gaz à effet de serre, de la consommation d’un tiers de l’eau mondiale et de la déforestation à hauteur de 91%.

Des chiffres à première vue difficiles à se représenter mais qui sont bel et bien à la base de la problématique environnementale actuelle.

Cerner les bons problèmes et pouvoir les résoudre suppose au préalable de se poser les bonnes questions… Mieux vaut donc s’intéresser à cela de plus près, en arrêtant tout d’abord de croire que la COP21 résoudra tous ces maux. Car nul doute que la COP21 accouchera de vœux pieux et sans lendemain, incomplets et surtout ineffectifs. Néanmoins, je lui souhaite de réussir, non pas pour le succès de notre Président mais parce que si ce n’est peut-être pas la dernière chance pour la planète, il se pourrait bien que ce soit la nôtre.

En un mot, pour reprendre des mots qui ne me quittent plus, voilà le meilleur conseil que je puisse vous partager : assurez-vous, non pas d’avoir été bon sur cette Terre, cela ne suffit pas, mais de quitter un monde bon.

Charles Gotchac

Laisser un commentaire